Rageur

Virginie Vanos

(2020)

Les mots clés

 

 

You Tube, Youtubeur, haine, insultes, incels, violence, racisme, homophobie, sexisme, cyberharcèlement, auteure, écrivaine, écrivain femme, police, peur, Web, Internet, Instagram, littérature française, littérature contemporaine, alcool, célibataires involontaires, roman, roman psychologique, fiction, thriller, réseaux sociaux, harcèlement, éducation, misogynie, suprémacisme masculin, frustration, colère, impuissance, malveillance, blogueur, menaces, irrespect, provocations, hater(s), groupuscules extrémistes, dérapage(s), vengeance, responsabilité(s), rage, asocial, marginalité, anti-social, individualisme, destruction

 

Le Pitch:

Rageur ? C'est Ben. Ben a 27 ans, il squatte chez sa mère et ne vit que pour sa chaîne YouTube où il se répand en haine, insultes et obscénités fachistes, sexistes, racistes et homophobes. Il n'en est pas à son premier appel à la violence ni à son premier cyber harcèlement. Mais le jour où il a la malchance de chercher des noises à Audrey Delvaux, championne de boxe, sa chute sera aussi rapide que douloureuse...

 

Mon avis:

 

J’ai reçu ce récit comme un véritable uppercut géant, suivi d’un K.O. direct ! Waouh, j’adore ça ! Enfin pas l’uppercut, mais le fait de prendre conscience d’un phénomène existant dont j’avais vaguement connaissance sans en appréhender tous les détails.

Et là ! Boum ! je découvre… Les « incels » ! Quoique c’est ce truc ?? je suis sans doute « à la ramasse » mais je ne savais pas que ce type de comportement avait un nom. Les « célibataires involontaires ». Involontaires ? non, mais sans blagues ! Involontaires volontairement oui !

Bref, ce type de comportement, complètement inadmissible, prône la violence, la misogynie, la haine, la provocation. On se demande comment ces blogs Instagram et chaine sur You Tube sont tolérés et non pas censurés.

Ces comportements sont grandement facilités par l’impunité que procure l’anonymat d’un pseudo. Mais ce n’est pas que du suprémacisme masculin en pantoufles. Non, ça dépasse le virtuel pour se traduire par des faits et gestes.

Ce roman psychologique est percutant et particulièrement bien mené. Différents points de vue alternent. Ceux de « Ben », le « génial » Youtubeur complètement ignoble et asocial, celui de sa mère, de son frère, des victimes et d’une inspectrice de police.

Ben, poste des vidéos haineuses, racistes, homophobes et j’en passe, à longueur de journée, planqué derrière l’écran de son ordinateur. Et pas que… Il part souvent en virée, avec son pote Fiodor, fils d’un attaché d’ambassade et couvert par l’immunité diplomatique tellement pratique pour lui.

Sa chaine : « Red Red Rex » où il expose entre autres, le concept de la « pilule noire », appelé dans ce livre la « pilule rouge » en référence au dilemme du film « Matrix ». La « pilule rouge » par opposition à la « pilule bleue » (les mensonges) , est la pilule du « savoir », de la « réalité » qui n’est en fait que leur bien sinistre réalité à eux (source Wikipédia).

Dans ces chapitres-là, le langage est cru, direct, agressif, insultant, ordurier, choquant. On est dans la tête d’un « incel ».

Puis, on voit les choses par le prisme de sa famille. Sa mère d’une part, piégée entre culpabilité et devoir maternel. Elle est dans une sorte de déni en refusant de découvrir l’ampleur du problème. Elle est « dépassée ». Elle se sent vaguement en insécurité, sans prendre conscience de la violence dont son fils est capable, y compris à son encontre s’il le jugeait utile. Elle n’a aucune idée de ce qu’est devenu son fils… je pense que cela dépasse son entendement de mère. C’est une sorte de « démission » et de remise en cause de l’éducation qu’elle a pu lui apporter.

Cependant, elle constate dans le même temps que son ainé n’a pas du tout pris le même chemin. Ça la « rassure » en quelque sorte. Ben est un cas « particulier » et cela fait taire un peu sa culpabilité.

Son frère quant à lui, le surnomme « la Bestiole ». Il le voit comme un nuisible sans réel danger concret. Il a néanmoins pris le large, probablement pour se protéger (inconsciemment). Il a suivi un cursus « normal ». Il a trouvé sa partenaire « idéale » et attend un « heureux évènement » qui doit d’ailleurs le ramener auprès de sa mère.

Il y a aussi la galère des victimes, qui voit leurs vies menacées en quelques heures par la diffusion de fake-news. On constate la puissance des réseaux sociaux aujourd’hui. Une galère où ils doivent collecter chaque détail des menaces dans l’espoir de voir cesser le cauchemar, sans pour autant être sûr que ces preuves rassemblées suffiront devant un tribunal. On ressent bien leur sentiment d’injustice et d’impuissance.

Et enfin, nous avons l’inspectrice, qui ne va rien lâcher et qui ira jusqu’au bout pour obtenir une certaine forme de réparation pour les victimes.

Le récit qui traite d’un sujet on ne peut plus d’actualité est prenant. Fluide, les phrases coulent et s’enchaînent. Les chapitres courts alternent les points de vue intelligemment, soufflant le « chaud » et le « froid » et nous garde ainsi en haleine jusqu’au bout. Ça claque et crépite comme une mitraillette.  J’ai dévoré ce livre en une journée, ce qui est suffisamment rare pour être souligné !

Un grand bravo à l’auteure qui m’a fait découvrir tout un univers étranger pour moi et qui m’a fait creuser un peu le sujet des « incels ». Ce que j’ai découvert m’a effarée !

Merci à Virginie Vanos pour sa confiance à travers l’envoi de son roman (ainsi qu'à sa gentille dédicace) et à la plateforme SP Simplement pour cette mise en relation. Je me suis également renseignée sur le parcours de l’auteure et je suis vivement intéressée par ses autres écrits que je vais me procurer rapidement. Un grand merci encore !

Autoédition

 

 

 

 

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