Les racines bleues - Frédéric Rocchia

Ma note: 4.5/5

Les mots clés :


Roman, thriller, romans policiers et polars, roman noir, drame(s), quête, mensonge(s), trahison, secrets de famille, vengeance, vérité, secrets, littérature française, île, insulaire, mentalité, mystères, réponses, passé, enfant(s), bébé(s), prostitution, meurtre(s), suicide, culpabilité, infirmière, haine, polar contemporain, littérature contemporaine, mépris, prison, danger, destin, non-dits



Le pitch :


Les secrets de famille sont plus nombreux qu’on ne le pense. La plupart restent ignorés et disparaissent avec les anciens. D’autres échappent parfois à la vigilance de ceux qui les avaient précieusement gardés. Mais le plus souvent, ils restent anecdotiques, alimentant les discussions enjouées autour d’un bon repas en souvenir du passé.


Cependant, il arrive que dans certains cas, la révélation d’un secret de famille bouleverse l’ordre des choses, change des vies entières. Une fois le silence rompu, certains chercheront des réponses. Mais un secret a toujours ses raisons d’être. Négliger ces raisons pourrait s’avérer imprudent, voire dangereux.


Mon avis :


Tout d’abord, il y a Sam qui semble littéralement « au bout de sa vie » car il n’en voit pas la signification. Un dépressif qui s’ignore, entre une mère trop possessive et un beau-père qui ne l’aime pas. Pas plus que ne l’aime d’ailleurs aussi son demi-frère. Cette famille recomposée est bien bancale…


Ensuite, il y a Carole, infirmière, blasée, qui regrette un peu son choix initial de revenir sur « son » île aider la population et mettre son savoir-faire à leur service… Elle se questionne sur ses choix et se demande quel aurait été sa vie, si elle était restée « au sud » puisqu’elle avait eu la « chance » d’y poursuivre ses études.


Et, il y a encore Margaux, 25 ans, prostituée dotée d’une mère sans amour qui lui a enseigné tout du « métier ». Ces deux-là mènent une vie de désespérance sans espoirs de jamais s’en sortir. Tout semble « écrit ». Les destins tracés implacablement.


Et pour finir, ce n’est pas un personnage, mais deux « morceaux » de terres imaginaires qui se font face.


Lors de la seconde guerre, la rive nord aillant été « occupée » par les Allemands, les habitants de la rive sud on fait « sauter » le seul chemin qui menait à cette rive nord, en faisant dès lors une « ile » (qui signifie bien isolement).


Depuis, c’est le « nord » contre le « sud » où la haine entre leurs populations n’est pas qu’une légende. Nous avons là une macro de notre société finalement, avec ses haines, ses bassesses, ses injustices, ses préjugés, ses désespoirs et ses solitudes, son « chauvinisme » et ses égoïsmes.


Au milieu de tout ça, des histoires qui au départ semblent complètement dissociées vont se croiser, s’entrecroiser et se rejoindre d’une rive à l’autre.


Au début j’avoue, j’ai eu un peu « peur », les histoires partaient un peu dans tous les sens et j’avais du mal à tout mémoriser pour suivre les développements et trouver les enchaînements. Au début, Carole m'a complètement déroutée. Je ne comprenais pas son affolement, son sentiment de culpabilité.


Pour finir, j’ai été séduite et bluffée par le style de l’auteur, à la fois nerveux, violent à la « Kill Bill » par moment, mais aussi, triste, nostalgique, blasé, presque désespéré.


Le texte « galope » et slalome d’un destin à l’autre. On sent l’urgence dans le récit. Pas de temps mort. La psychologie des personnages est bien creusée (elle aurait même pu l’être plus encore, sans dommage pour le récit).


Ce roman c’est le reflet des errances d’une famille qui a force de secrets enfouis vont faire tomber tous les dominos en cascade lorsqu’ils seront mis à jour.


Contre toute attente, j’ai ressenti de l’empathie pour Margaux malgré tout et je me suis attachée à elle au fil de l’histoire. C’est une gamine « paumée », qui se découvre une histoire à laquelle elle va s’accrocher. Une quête de justice jusqu’au-boutiste qui la rend… émouvante parce qu'humaine.


J’avoue qu’au début je n’ai rien vu venir, je ne les voyais pas se croiser. Je n’en comprenais pas la structure. Alors plutôt que de chercher à tout prix à tout comprendre tout de suite, je me suis laissée portée par les flots (de la Manchenille) … puis après, j’ai deviné certaines choses pour finalement, être surprise par le dénouement et le dernier twist.


En revanche, je suis un peu embarrassée pour le catégoriser. Pour moi, ça n’est ni un vrai thriller à proprement parler, ni un polar, ni bien sûr un roman policier. Alors quoi ? un roman noir ? un thriller psychologique… oui, peut-être mais pas seulement… il a aussi une dimension « sociale » en filigrane.


Bref, ce récit m’a vraiment emballée et je vous incite à en faire la découverte par vous-même. Je remercie l’auteur, Frédéric Rocchia pour sa confiance et la plateforme SP Simplement qui a permis la mise en relation. Je n’en resterai pas la lecture de ce livre. Je vois qu’il y a deux autres romans, que je vais m’empresser de découvrir.

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