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L'ETRANGER

DANS LA MAISON

Shari Lapena

(2019)

/

Le Pitch:

" Comment te sens-tu ? " Elle voudrait répondre " terrifiée ". À la place, elle dit, avec un faible sourire : " Heureuse d'être à la maison. "

Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d'avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s'est volatilisée. Alors qu'il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d'un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d'ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l'hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d'amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu'un s'introduit en leur absence dans la maison.

Après l'immense succès du Couple d'à côté, la nouvelle reine du thriller domestique revient avec un roman toujours aussi addictif, qui raconte les faux-semblants de la vie conjugale – ou comment, à force de grands secrets ou de petites trahisons, un geste malheureux peut faire voler en éclats un bonheur de façade.

Mon avis:

J’avais découvert la plume de Shari Lapena en lisant « le couple d’à côté », un thriller domestique qui m’avait moyennement séduite. Je n’avais pas tant été déçue par le rythme du livre que pas son dénouement. Je ne m’étais pas suffisamment « attachée » aux personnages et à leur histoire. Donc, curieuse de voir l’évolution de l’auteure, c’est avec le plus grand plaisir que j’ai reçu son second roman dans le cadre d’une masse critique privilégiée de Babelio. Je les en remercie ainsi que les Editions Presses de la Cité.

Le prologue démarre sur les chapeaux de roues : on suit une jeune femme qui fuit et qui est effrayée. Elle arrive à s’enfuir en voiture, grille quelques feux rouges pour finir par planter son automobile dans un poteau. Fin du premier acte…

Puis, sans transition on passe à Tom qui rentre un soir chez lui un peu plus tard qu’à son habitude. Il trouve la porte ouverte ; sa femme semble être partie précipitamment puisqu’elle a laissé la cuisine en plan, son manteau, son sac, son téléphone, ses clés, tout est resté à la maison.

Le temps que Tom, très inquiet, appelle les amis et les proches et le 911, la police débarque et lui apprend qu’elle a eu un accident de voiture dans un quartier interlope où elle ne met jamais les pieds. Ce qui semble incroyable à Tom c’est que l’accident serait dû à un excès de vitesse, alors que Karen était un modèle de prudence et ne dépassait jamais les vitesses autorisées. Impensable donc !

Il la retrouve à l’hôpital, contusionnée et surtout amnésique de sa soirée de la vieille et de son accident. Amnésie qui semble bien commode et assez suspecte aux inspecteurs chargés de l’enquête, Rasbach et Jennings. Que faisait-elle à cette heure, dans un quartier sordide, où l’on retrouve, de plus, un cadavre pas très loin du lieu de l’accident de voiture ?

Lorsqu’elle rentre chez elle, elle constate que des objets semblent avoir encore été déplacés dans la maison en son absence ; fait qu’elle avait déjà constaté auparavant au point d’avoir pris des photos avant/après pour s’assurer qu’elle ne perdait pas la raison et qui constitueraient d’éventuelles preuves au cas où.

L’histoire est somme toute des plus banale : un couple, marié depuis deux ans, éperdument amoureux et heureux en apparence va peu à peu découvrir une autre facette plus sombre et plus complexe de l’autre.

Le thème principal semble être, au premier abord, l’amnésie mais celui-ci ne se révèle n’être là que pour conserver le suspens jusqu’à la fin. En fait les thèmes sont multiples et plus complexes. Il y a la confiance dans le couple, celui de la franchise. En effet, Tom, aveuglément épris de sa femme ira de surprise en surprise quand toutes ses certitudes s’effondreront avec un nombre incalculable de questions auxquelles il ne trouve pas de réponses en raison de l’amnésie qui tombe quand même « à pic » pour Karen. Il s’obstinera malgré tout à garder foi en elle malgré les mensonges (par omission) et les histoires qu’elle lui a soigneusement cachées.

Un couple a-t-il une chance de survie en oblitérant tout simplement « l’avant » de leur rencontre, la genèse de chacun des deux ?

Après, il y a Brigid, leur voisine d’en face qui est la meilleure amie et confidente de Karen. Inexplicablement Tom garde ses distances avec elle et parait même sur le « qui-vive » avec cette femme qui va se révéler intrusive, envahissante, encombrante. Sous couvert d’entraide et d’amitié, elle se mêle de tout. Pour ma part, elle a déclenché d’emblée méfiance, voire antipathie.

Selon moi, l’auteure s’amuse plus à manipuler le lecteur qu’à instaurer un vrai suspens psychologique entre les personnages. L’auteure prend plaisir à détourner les soupçons. Selon les personnages on assiste à une certaine manipulation des faits, on est amené à considérer les choses d’un point de vue et sous des angles d’approche différents.
Pas de véritable « tension » dans ce récit mais une surenchère de renseignements disséminés tout au long des pages et finalement c’est le lecteur qui s’embrouille tout seul avec maintes suppositions qui mènent finalement à des sens uniques ou des impasses.

Ce roman, de facture très classique (trop diront certains) aborde des sujets déjà très largement utilisés dans le genre, sans pour autant tomber dans les poncifs. Le style est fluide et agréable à lire. Les phrases sont directes et sans montage artificiel superflu. Pas de complication inutile pour la compréhension de l’histoire. Il se dégage une certaine impression de lenteur car l’auteur prend le temps de poser les personnages, d’en expliquer le contexte. A l’instar de certains policiers anglais ou nordiques, il semble manquer de rythme, de tonicité, de « nervosité ». Il fait davantage penser une « Mercedes » qu’à une « BMW » mais pour ma part je ne trouve pas ce style désagréable. J’aime prendre mon temps pour assimiler les personnages et en découvrir la complexité.

Alors, des rebondissements, il y en a pourtant, mais ils sont amenés sans à-coups, dilués au fil des pages à petites doses constantes. Les secrets enfouis se dévoilent petit à petit. Pas de révélations fracassantes (sauf avec la fin très ouverte) mais un « goutte à goutte » diffus et régulier qui laisse le doute s’insinuer lentement et dans l’esprit des personnages mais aussi dans celui du lecteur.

Il fait partie de ce que j’appelle les romans « entre-deux » reposant. Ceux où l’on se laisse porter par l’histoire, qui ne soit pas des casse-têtes chinois infernaux ; pas de sang et des « tripes » toutes les trois pages, pas de frayeurs subites et intenses, pas de « limite du supportable » à encaisser. Un « long fleuve (presque) tranquille » en somme !!

Fragments
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